Jean Giraud dans Bananas

(A Suivre) m'apparaît comme une sorte de tour majestueuse dans le paysage de la bande dessinée, un monument qui lui a donné ses lettres de noblesse. Un objet culturel précieux. Et aujourd'hui que le magazine disparaît, j'en ai des remords : remords de n'y avoir pas consacré assez de temps, d'avoir pu penser que tout ça était éternel. Nous avons tous, nous les auteurs, a cause de cette paresse commune une sorte de responsabilité collective dans sa disparition. C'est douloureux. C'est toujours dans ces moments-là que l'on réalise que la culture est fragile, vulnérable. Mais il y a aussi une sorte de logique dans cette histoire qui s'achève: si (A Suivre) finit aujourd'hui par cesser de paraître, c'est aussi, paradoxalement, la preuve que le magazine a su rester intègre, ne pas se compromettrre.

En fait, ou s'aperçoit que dans le monde de la bande dessinée, (A Suivre) est déjà un titre un peu mythique, un nom qui reste. Et qui n'échappe pas à la règle : pour entrer au Panthéon faut d'abord disparaître.

Propos recueillis par Nicolas Finet

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