Curieusement, AVENTURES renaîtra après-guerre en empruntant un chemin pour le moins surprenant. C'est une collection éphémère de récits complets, née en 1945, qui sert de point de départ au retour du célèbre hebdomadaire. TITI est le héros titre de cette collection et il servira de lien avec l'hebdomadaire qui lui succède dont il sera, au départ, le personnage principal. Après cinq (?) numéros, TITI est remplacé par PARIS JEUNES.
A première vue, bien sûr, PARIS JEUNES présente peu d'intérêt
pour l'amateur qui connaît sa transformation, un an
plus tard, en AVENTURES, avec la reprise de certaines des
grandes séries américaines qui firent son succès avant-guerre.
PARIS JEUNES, édité par la SARL du même nom, semble n'avoir
aucun lien avec le groupe de la SAGE mais, curieuse coïncidence,
son adresse est la même que celle des éditions Théophraste
Renaudot (58, rue Pierre Charron, Paris 2°), éditrices
de GAVROCHE et des GRANDES AVENTURES dont la rédaction se
trouvait à l'adresse de la SAGE (12, rue du 4 Septembre
Paris 2°). Rappelons aussi que, après-guerre, YOUMBO édité
par la Librairie Moderne/Sagé, reprendra des BD parues dans
ces deux hebdomadaires (voir dossier Youmbo dans HOP! numéro 80).
Finalement, PARIS JEUNES sera repris par la SAGE et prendra
le titre AVENTURES. Opportunité ou préméditation ? N'oublions
pas que la SAGE s'était vu refuser l'autorisation de faire
reparaître JUMBO et n'avait pas eu de réponse concernant AVENTURES.
Profitant de cela, elle s'est engouffré dans la brêche
offerte par PARIS JEUNES dont les ventes étaient au plus
bas (le tirage, en octobre 1946, était de 81.500 ex avec 41%
d'invendus, ce qui explique que les reliés de Paris Jeunes
furent nombreux) et n'arrivait pas, au bout d'un an, à s'imposer sur
le marché de la presse des jeunes.
Grâce à cette astuce, AVENTURES peut enfin reparaître et la SAGE dispose à nouveau d'un hebdomadaire, excellent support pour toutes ses publications en fascicules. Le directeur-gérant, Georges Robin, restera en place après l'absortion de PARIS JEUNES par AVENTURES, mais à la SAGE les véritables propriétaires n'apparaissent jamais à cette époque, c'est une constance dans les pavés administratifs. Seul un gérant (mention obligatoire) est cité. Le nom de G.Robin disparait avec le numéro 2 du 09/01/1950 et quelques temps après, dès le numéro 8, premier du petit format, le pavé administratif cite Emile Moreau directeur de la publication, Mme Franc gérant SARL et Mme Perel membre. A noter que la mention "Loi du 16 juillet sur les publications destinées à la jeunesse" n'apparait qu'au numéro 7 du 13/02/1950. La semaine suivante, le journal passe au petit format et éTimine progressivement les séries trop "“sensibles": Amok, Tinto, Le Fantôme.….
Sous le titre AVENTURES, avec le retour des bandes américaines et des personnages italiens déjà connus par leur parution dans les fascicules de récits complets, les ventes remontent et le journal connait une certaine stabilité. Hélas, les problèmes arrivent avec la fameuse loi du 16 juillet 1949 et les séries américaines jugées trop adultes et trop violentes, malgré une auto-censure, disparaissent peu à peu. Les ventes s'en ressentent, l'arrivée de concurrents sérieux, une formule statique et un manque de renouvellement précipiteront la chute d'AVENTURES, malgré un ultime sursaut avec une formule au format Spirou-Tintin, de 16 pages. N'ayant pas de grosse équipe de collaborateurs français, pas de personnages récurrents capables d'être des locomotives, AVENTURES disparaît au profit d'un fascicule reprenant les exploits italiens de PECOS BILL. Désormais la SAGE va se consacrer uniquement à des revues genre récits complets ou magazines, avec un choix de publications assez réussi, de PECOS BILL à TARZAN, en passant par SCIUSCIA, MASCOTTE, GAZELLE BLANCHE, RANCH, SUPERMAN, BATMAN, BUNNY, HEROIC, RIN TIN TIN, sans compter les poches: JIM TAUREAU, MONTY, PEPITO, TITI, et bien d'autres, elle va fournir à plusieurs générations de lecteurs l'occasion de rêver avec des histoires en tous genres.
Le prix de vente de Paris Jeunes est de 8F, il passe à 10F dès le numéro 52 avec l'arrivée des bandes américaines. Il passe à 13F avec le numéro 89 puis à 15F avec le numéro 130 jusqu'à la fin du grand format. Le petit format reste à 15F jusqu'au numéro 37 puis augmente à 20F au numéro suivant. Tintin et Spirou étaient au même prix, en 1950, mais offraient un matériel inédit de qualité. Pour le même prix Spirou proposait 24 pages... difficile de lutter avec cette concurrence.
LE LOGO AVENTURES est identique à celui d'avant guerre, mais avec Le Fantôme à l'intérieur du "a" et la panthère noire de Raoul et Gaston à droite. Le titre est rouge sur fond jaune avec “Paris" en bleu et "Jeunes" au trait. Le Fantôme est remplacé par Raoul au numéro 76. Avec le numéro 4 (24/01/1949) le logo change, toujours rouge sur fond jaune, mais c'est Loana qui figure en vedette, le temps... d'un numéro! Ensuite retour de Fang, la panthère noire, jusqu'au numéro 51 (19/12/1949) qui cède la place au sous-titre "Le magazine des jeunes gens” au numéro 52 et 1 à 7 dernier du grand format. Au numéro 8, petit format, nouveau 1ogo, sans personnages dans le bandeau, avec ultime changement au numéro 18 (01/05/1950).
Ils ont 8 pages dans un format 28,5 sur 38 cm.
Ils sont vendus 8 FF.
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