Les chroniques de DannY De LaeT

RAYMOND REDING ET LA BD DANS LA PRESSE QUOTIDIENNE

Chapitre 8 : LES 120 TRAVAUX DE M. CRO

Monsieur Cro
"Monsieur Cro", héros-corbeau, est une série animalière, c.à.d. que les personnages sont des animaux qui, bien sûr, personnifient des êtres humains, d'autant plus que dans cette série ils s'habillent, habitent et vivent comme des êtres humains, à la façon de "Mickey Mouse" ou "Donald Duck".

Cro est un détective privé qui habite Merleville avec sa femme Perruchette (une perruche vous l'avez deviné) ; on retrouve souvent dans son sillage, son oncle, le commissaire Ara (un perroquet) et son ami, le professeur Nocturne (un hibou), deux personnages avec qui il vit moultes aventures.

La plupart sont des histoires policières ; souvent courtes, souvent même banales, parfois pas plus de 30 bandes, ce qui ferait une histoire complète en 7 ou 8 planches mais certaines aventures sont plus denses, bien élaborées et concues, pleine d'atmosphère et construites selon un mode policier fort classique.

L'avantage de cette série c'est qu'elle permettait à Reding d'aborder chaque fois un thème différent, un milieu différent, une ambiance différente. M. Cro est une bonne petite BD sans autre prétention que de nous passionner et amuser, le temps d'une bonne petite énigme que M. Cro élucidera avec flegme et savoir faire...

Reding écrira et dessinera - parfois avec des collaborateurs - pas moins de 120 aventures de Cro, de 1947 à 1965 !

Parallèlement à M. Cro Reding inventa en 1953 "Prunelle" pour le supplément "Récréation". "Prunelle, reportages en tout genre", conte les aventures d'une jeune fille journaliste ; cette raison sociale mettait en scène - dans un quotidien - non seulement un personnage type du métier de la presse mais encore une héroïne pouvant évoluer dans divers milieux. Il n'y avait à l'époque, ni dans "Tintin" ni dans "Spirou" des personnages féminins héroïnes de BD ; les femmes ou fillettes y jouaient un rôle souvent (toujours) secondaire, aussi bien chez Hergé que Jacobs, chez Vandersteen, chez Franquin... Il n'y avait que dans les "Héroïc-Albums" que ses sacrées dames avaient un rôle plus dense. Aussi est-il plus que regrettable que l'on ne s'est pas aperçu en 1953 de l'étonnante primeur que Reding venait d'offrir au monde de la BD belge.

Prochain chapitre : Prunelle en "Récréation"

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